Il est de grands
mystères que l’Homme n’a pas encore élucidés. L’univers, la vie, E.T., la mort, les blondes, la conscience et…. le divorce des chaussettes! Cette dernière énigme me taraudera éternellement: mais
pourquoi, bon Dieu, pourquoi se désapparient-elles sans arrêt?? Qu’est-ce qui les sépare subitement? Nées pour vivre en couple, il semblerait que certaines socquettes filent soudain à l’anglaise
dans l’espoir de voir si le tissu n’est pas plus écossais ailleurs, laissant ainsi leur moitié éplorée. Apparaissent de-ci, de- là, des unions aussi étranges que disparates. Motifs, formes,
matières se mélangent allègrement dans une débauche de fils bigarrés, faisant fi de l’étiquette textile. Quel pied! Les petits pois fraient avec les carrés, le rose s’acoquine avec le noir, la
soie s’attache à la laine et les courtes draguent les hautes. Hélas, on ne change pas son destin impunément et il est des mariages impossibles. Alors, à talons feutrés, les inconsolables
fugueuses trainent leurs désillusions d’armoires au dessous de lits, de sac de sport aux confins obscurs d’une salle de bain, de coins de chambre aux tiroirs de bureau, jusqu’à disparaître un beau jour pour les plus désespérées. Certaines se pendent à leurs fils, d’autres se détricotent ou d’autres encore se
perdent dans un trou sans fond, la trame déliée. Parfois, quelque pauvrette, usée par la solitude, est sauvée in extrémis sur un radiateur de salon. Vous la prenez délicatement et, la
balançant doucement entre deux doigts, vous demandez à vos mômes si, par le plus grand des hasards, ils n’auraient pas aperçu la sœur jumelle de la rescapée. Insensibles au sort de la
malheureuse, ils vous répondent distraitement qu’ils n’en savent rien. Malgré tous vos efforts et au terme de nombreuses investigations, vous n’arrivez pas à recomposer le couple désuni. A cet
instant précis, une grave question se pose à vous: quel sort réserver à la téméraire qui voulait voir du pays? La mort dans l’âme, vous devez vous résoudre à prendre une décision cruelle mais
nécessaire pour le bien de tous: euthanasier la "globe-trotter" afin de lui éviter les affres d’un exil forcé et de terminer sa triste vie, recluse dans un placard. Et c’est les larmes aux
yeux que, ouvrant la poubelle en évitant de regarder la condamnée, que vous jetez celle qui rêvait d’un ailleurs meilleur.
-Mman?
-Oui?
-Tu as vu mes chaussettes bleu turquoise?
-Je viens d’en assassiner une.
-Ah bon?
"On est bien peu de choses, et mon amie la chaussette est morte ce matin."
Halala…..ces
ados!










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